--Dame! vous comprenez bien qu'avec des idées comme les siennes...
--Oh! il faut savoir à quoi s'en tenir, répète Louise très surexcitée. Et si tu veux, Jean, tu vas t'en aller chez le père Merlin pour lui tirer les vers du nez.
Ce rôle d'espion ne me convient pas beaucoup. Je me tourne vers mon père.
--Mais papa ne voudra peut-être pas...
--Avec ça que tu as besoin de la permission de papa pour y passer des demi-journées entières, chez le père Merlin! Allons, tâche de faire ce qu'on te dit.
Je ferai ce qui me plaira. Et d'abord je ne lui demanderai rien, au père Merlin, rien du tout; je ne lui tirerai pas les vers du nez. Et s'il me raconte ses affaires, je garderai tout pour moi, je ne répéterai rien, rien.
Je sonne à sa porte. Il vient m'ouvrir, un bâton de frotteur à la main et un pied déchaussé. Il frotte. Gare à mes oreilles si je fais des bêtises.
--Ah! c'est toi! Ton ami Léon n'est pas avec toi? C'est dommage. La première fois que je le verrai, ce garnement-là, je lui donnerai de mes nouvelles; il m'a cassé un pied de dahlia... Tu veux aller au jardin? Va au jardin. Tu peux bêcher la troisième plate-bande, celle du fond.
--Oui, monsieur Merlin; et vous...