Je fais signe que non. Je ne sais pas pourquoi.
Mon oncle hausse les épaules.
—Je m'en doutais!
—J'en étais sûre, fait ma tante.
—Convaincue! appuie ma cousine.
—Tu es parti de chez ton père. Tu as dû mener une vie misérable, manger dans d'ignobles gargotes, coucher dans des repaires infâmes...
Ma cousine se bouche les yeux.
—D'ailleurs, tes vêtements en disent long...
—A propos, fait ma tante, nous te retiendrions bien à dîner, mais, tu sais, c'est aujourd'hui vendredi; nous faisons maigre et, comme tu es protestant...
Je suis protestant, en effet, mais je crois que, pour le moment, ce sont mes habits qui protestent.