—Vous savez, m'a-t-il dit en arrivant à l'étape—un plateau absolument nu au bas duquel coule un ruisseau—ce n'est pas que j'aie peur que vous vous échappiez, mais je veux que vous restiez à côté de moi. Comme je suis responsable de vous, vous comprenez... Ainsi, maintenant, en attendant que la cuisine soit faite, j'ai envie de faire la sieste; eh bien, vous allez la faire en même temps que moi... tenez, à l'ombre de cet olivier.

—Mais je n'ai pas envie de dormir.

—Ça ne fait rien.

Elle n'est pas mauvaise! Ils ont des idées à eux, ces gendarmes. Vouloir forcer les gens à dormir! Et si je ne peux pas, moi?

Si je ne peux pas, je ne suis pas le seul: mon garde du corps non plus ne paraît pas trouver facilement le sommeil. Il se tourne et se retourne comme saint Laurent sur son gril.

—Ah! ça y est. Je ne dormirai pas! sacré nom de nom!

Il se met sur son séant.

—Vous non plus, vous ne dormez pas?

—Non.

—Vraiment! Ah! à propos, vous ne m'avez pas raconté pourquoi l'on vous envoie à Biribi. Dites-moi donc ça; cela fera passer le temps.