—Non.
Il me passe un paquet de tabac et du papier à cigarettes. Puis, il s'enveloppe la tête de son couvre-pieds pour enflammer une allumette qu'il fait craquer tout en toussant très fort.
—Tu feras comme moi pour allumer et tu cacheras le feu. Il est défendu de fumer après l'appel et il ne faut pas faire voir la lumière. D'ailleurs, tu n'es pas admis au prêt; tu n'a pas le droit de fumer.
Je suis ses indications et, quand j'ai allumé une cigarette, il reprend;
—Comment t'appelles-tu, déjà?
—Froissard.
—Ne parle pas si fort; on pourrait t'entendre et on te flanquerait dedans. On peut causer, mais tout bas. Moi, je m'appelle Queslier. Tu es de Paris?
—Oui.
—Moi aussi. Il y en a pas mal de Parisiens, ici. Eh bien! puisque nous sommes pays, je vais te donner un bon conseil: c'est de faire l'imbécile tant que tu pourras et de ne jamais répondre aux gradés ouvertement. Tu comprends, nous sommes au dépôt; ils se sentent forts; ils sont presque aussi nombreux que nous, et si ne marchions pas droit, ils ont des troupes régulières, à côté d'eux. Ah! quand on est en détachement, c'est autre chose. Moi j'y étais. J'étais au détachement de Sandouch; je suis tombé malade et l'on m'a expédié à l'hôpital. De là, on m'a envoyé ici. En détachement, on est beaucoup plus libre; on est là quarante ou cinquante hommes, au plus, avec trois ou quatre gradés qui, quelquefois, n'en mènent pas large.
—Et tu n'y retourneras pas, à Sandouch?