— Non, pas vous. Vous devez rester où je vais vous conduire ce soir et ne vous faire voir nulle part jusqu'à ce que l'affaire soit terminée.
— Mais qui peut aller parler à Barzot?
— Moi, si vous voulez.
— C'est impossible! s'écrie Hélène. Vous qui l'avez volé dans le train qui l'a amené ici! Mais il vous reconnaîtrait…
— Et puis? Que pourrait-il faire? Où sont les preuves?… Oui, j'irai demain matin. Cela ne me déplaira pas… Mais laissez-moi vous faire tous mes compliments. Vous êtes très forte,
— Non! s'écrie-t-elle en me jetant ses bras autour du cou et en fondant en larmes; non, je ne suis pas forte! Je suis une malheureuse… une malheureuse! Je suis énervée, exaspérée, mais je ne suis pas forte… je donnerais tout, tout, pour n'avoir pas l'existence que j'aurai, pour avoir une vie comme les autres… Je me raidis parce que j'ai peur. Il me semble que je suis une damnée… N'est-ce pas, vous serez toujours mon ami?
— Oui, dis-je en l'embrassant; je vous promets d'être toujours votre ami… Maintenant, descendons, Hélène; il est neuf heures et demie et la voiture que j'ai envoyée chercher va arriver.
Nous attendons depuis cinq minutes à peine dans un salon du rez- de-chaussée quand j'entends le bruit du petit panier de l'Anglaise.
— Les roussins viennent de faire signe à un fiacre, entre me dire l'hôtelier.
— Bien. Allons.