Or, ce que peut œuvrer parmi
Tous ces Pécuchets, ton ami,
Dis-moi, vieux frangin, que t’en semble?
Sinon rêver aux jours (lointains
Hélas!) où les doux Philistins
Dans Paris nous verront ensemble?

Ah! ces beaux jours, quand luiront-ils
Où, tenant des propos subtils,
Aux bourgeois taillant des croupières,
Nous jetterons au nez d’Homais
Nos rimes d’or sans que jamais
S’appesantissent nos paupières!

Car il sied ne parler qu’en vers:
Comme un digne bourgeois d’Anvers
Soigne une tulipe et l’arrose,
Nobles jardiniers, cultivons
La fleur mystique et réservons
Aux maraîchers la vile prose!

Des vers! des vers! et c’est pourquoi
Si tu veux qu’on te laisse coi
Siroter près d’une crédence
Ton vieux. Beaune, sache qu’il faut
Sans rémission ni défaut
Épistoler et d’abondance!...

Et puis, t’ayant serré la main,
Je vais ronfler jusqu’à demain:
Le ciel, en son omnipotence,
Nous inspirant maint beau sonnet
Toujours nous préserve d’Ohnet,
De la grippe et de la potence!