D’après la Chanson de Roland, v. 2969, les corps des héros morts à Roncevaux « ben sunt lavez de piment et de vin ».
On comprend maintenant pourquoi le mot piment s’est appliqué au Poivre du Brésil, après son introduction en Europe, et aussi à diverses plantes dont l’action est excitante comme la Mélisse (Piment des abeilles), la Persicaire (Piment d’eau), le Myrica Galé (Piment royal), etc.
Le Piment de la Jamaïque est fourni par les Pimenta, genre de Myrtacées, très différents des Capsicum. On vendait autrefois le fruit condimentaire dans les épiceries sous le nom de Quatre-Epices. Le Piment ou Poivre de Cayenne est fourni par le Capsicum frutescens, espèce presque arborescente, dont le fruit à saveur âcre et brûlante s’emploie pulvérisé. Comme les Pimenta, le Poivre de Cayenne n’est cultivé que sous les tropiques.
PIMPRENELLE
(Poterium Sanguisorba L.)
Herbe condimentaire qui a été beaucoup usitée autrefois. On mêlait aux salades, principalement aux Laitues, ses jeunes et tendres feuilles au goût agréable de Concombre. Elle n’est plus à présent que rarement cultivée dans les jardins potagers.
La plante est indigène, vivace et commune dans les prairies sèches. C’est le Sanguisorba de Fuchs, le Pimpinella de Dalechamps (XVIe siècle). La Maison rustique de Ch. Estienne compte la Pimprenelle parmi les bonne fournitures. Un siècle plus tard, La Quintinie tenait cette herbe en haute estime au Potager de Versailles.
Le nom de la plante ne se trouve pas chez les écrivains grecs ou latins. Il paraît au moyen âge seulement. Le Glossaire de Tours (XIIe siècle) dit : « Pipinella, en langue romane, piprenelle ». On prononça ensuite pimpernelle, forme ancienne qu’ont gardée les langues anglaise et flamande, ainsi que les dialectes provinciaux français. L’anglais dit aussi Burnet, à cause de la couleur brune des fleurs de la plante.
Le nom de la Pimprenelle est assez souvent cité dans les vieilles poésies sous cette forme démodée :
« Herbes agréables à l’œil,