DANTON.—Il n'y a que ceux qui ont fait des soupers clandestins avec Dumouriez quand il était à Paris…. (On applaudit dans une grande partie de la salle.)

MARAT.—Lasource!…. Lasource en était…. Oh! je dénoncerai tous les traîtres.

DANTON.—Oui, eux seuls sont les complices de la conjuration. (De vifs applaudissements s'élèvent à l'extrémité gauche et dans les tribunes.) Et c'est moi qu'on accuse!…. moi!…. Je ne crains rien de Dumouriez, ni de tous ceux avec qui j'ai été en relation. Que Dumouriez produise une seule ligne de moi qui puisse donner lieu à l'ombre d'une inculpation, et je livre ma tête.

MARAT.—Il a vu les lettres de Gensonné…. C'est Gensonné qui était en relation intime avec Dumouriez.

GENSONNÉ.—Danton, j'interpelle votre bonne foi. Vous avez dit avoir vu la minute de mes lettres, dites ce qu'elles contenaient.

DANTON.—Je ne parle pas textuellement de vos lettres, je n'ai point parlé de vous; je reviens à ce qui me concerne.

J'ai, moi, quelques lettres de Dumouriez: elles prouveront qu'il a été obligé de me rendre justice; elles prouveront qu'il n'y avait nulle identité entre son système politique et le mien: c'est à ceux qui ont voulu le fédéralisme….

PLUSIEURS VOIX.—Nommez-les!

MARAT (se tournant vers les membres de la partie droite).—Non, vous ne parviendrez pas à égorger la patrie!

DANTON.—Voulez-vous que je dise quels sont ceux que je désigne?