Il s'accroupit à côté du plat, un plat de bois large et profond, rempli jusqu'aux bords d'une sorte de ragoût à sauce brune duquel s'exhalait un parfum pimenté nullement désagréable.
Hardiment, il y plongea les doigts, à la façon des orientaux, et portant à sa bouche un petit morceau, goûta longuement, méthodiquement, analysant les différentes substances contenues dans cette combinaison culinaire...
Enfin, sa langue claqua bruyamment contre son palais et il déclara d'une voix grave:
—Végétal de la nature du céleri... sauce contenant une matière grasse qui, si elle n'est tirée d'une plante quelconque, indique la présence, dans ce monde, d'un quadrupède similaire au mouton.
Et sans en dire plus long, il se mit à manger tant bien que mal avec ses doigts, la «fourchette du père Adam» comme il disait plaisamment.
Gontran, après avoir inutilement cherché dans ses poches un petit nécessaire de voyage contenant tous les menus instruments nécessaires au repas, fut contraint d'imiter son ami, son appétit étant plus grand que son dégoût.
Quant à Ossipoff, il avait pris à part le Vénusien et s'efforçait, à force de gestes expressifs, d'obtenir les renseignements qu'il désirait connaître.
Tout d'abord, l'indigène regarda le savant sans l'interrompre, étudiant ses moindres gestes, faisant tous ses efforts pour en surprendre le sens.
Il semblait avoir compris et s'apprêtait à répondre au moyen du même langage muet, lorsque, s'approchant de lui, un de ses compagnons lui adressa la parole.