—C'est peu probable, répliqua l'ingénieur; en tout cas, il y a une manière bien simple d'être fixé à ce sujet, c'est d'y aller voir.

Et, sans en dire plus long, il endossa son scaphandre, vissa avec soin le casque métallique, après y avoir introduit une tablette d'oxygène solidifié, et, soulevant la trappe pratiquée dans le plancher de la logette, s'engagea dans l'escalier qui conduisait à l'intérieur de la sphère.

La première chose qu'il constata, grâce à la lanterne de magnésium dont il s'était muni, c'est que l'axe central, autour duquel s'opérait la rotation de la sphère, était immobile; à part cela, tout était en aussi bon état qu'au moment du départ.

Très perplexe, il allait rejoindre la logette, lorsque, poussé par un inexplicable pressentiment, il descendit jusqu'aux derniers échelons aboutissant à l'ouverture inférieure de la sphère et là, se pencha sur l'abîme.

Un cri s'échappa de sa poitrine.

Il s'attendait, en effet, à apercevoir, au-dessous de lui dans l'espace, le point lumineux que devait former sur Vénus le foyer du réflecteur, grâce au rayonnement duquel la sphère se soutenait dans l'infini.

Mais l'espace était sombre, le point lumineux s'était éteint, la planète elle-même avait disparu.

Vivement, l'ingénieur rejoignit ses compagnons, il se débarrassa du scaphandre et, pour la première fois depuis que l'on avait quitté la Terre, sur son visage apparurent les marques d'un abattement profond.

—Mes amis, dit-il d'une voix grave, cette fois-ci nous sommes bien perdus.