De nouveau, Fricoulet mit l'œil à la lunette.
—Eh bien! fit le vieillard, vous devez constater une diminution sensible du disque solaire.
Puis tout à coup, regardant la vis que l'ingénieur faisait tourner doucement entre ses doigts:
—Mais que faites-vous? s'écria-t-il, vous avez perdu la tête! ne voyez-vous pas que vous éloignez les fils au lieu de les rapprocher?
Fricoulet ne répondait pas; pâle, les lèvres serrées, la poitrine soulevée par une respiration haletante, il étreignait la lunette de la main gauche, tandis que de la main droite il manœuvrait le micromètre.
Enfin, d'une voix étouffée:
—Monsieur Ossipoff, balbutia-t-il, le disque solaire ne diminue pas.
—Comment, il ne diminue pas! cela est impossible! nous ne sommes pas au point neutre, et, par conséquent, nous ne pouvons être immobiles... l'émotion vous trouble la vue... le disque doit diminuer...
L'ingénieur se redressa et, passant la main sur son front inondé d'une sueur moite et glacée:
—Vous avez raison, murmura-t-il, c'est l'émotion, sans doute, qui me fait mal voir.