Un léger frémissement courut par les membres de l'Américain; néanmoins, il fit bonne contenance, et s'adressant à Ossipoff:

—Vous ne m'avez toujours pas répondu, dit-il.

—Schroëter, calculant la mesure de la troncature du croissant, a évalué la hauteur de certains pics mercuriens à la deux cent cinquante-troisième partie du diamètre de la planète... ce qui leur donne environ dix-neuf kilomètres...

—Peuh! fit Jonathan, qu'est-ce que cela à côté des montagnes de Vénus.

—Presque rien, en effet, mais cela vous paraîtra une hauteur encore respectable, si vous voulez bien réfléchir que la plus haute montagne du globe, le Gaurisaukar de l'Himalaya, ne mesure pas plus de 8,840 mètres.

—Et les volcans mercuriens! demanda Gontran d'un air capable, qu'en pensez-vous, monsieur Ossipoff?

—Je pense comme votre illustre compatriote, mon cher monsieur de Flammermont, je pense que peut-être il en existe, mais qu'en tout cas, ils ne sont pas visibles pour nous, observateurs terrestres.

—Schroëter et Huggins se seraient donc trompés?...

—Je ne vous cache pas que c'est mon opinion; j'ai eu beau, de l'observatoire de Poulkowa, me livrer aux recherches les plus minutieuses, il m'a été impossible de retrouver cette tache lumineuse que l'un et l'autre ont cru remarquer sur la planète, non loin de son centre.

Farenheit, qui examinait avec attention le thermomètre, s'écria tout à coup: