Et étendant les bras vers les cieux:

—N'avons-nous pas là, au-dessus de notre tête, un indicateur merveilleux qui, mieux que quoi que ce soit, peut nous guider dans notre route et nous renseigner sur notre position?

—Il est vrai, en effet, dit Gontran, que par la situation des étoiles...

Fricoulet intervint:

—Permettez-moi, cependant, de vous faire observer, monsieur Ossipoff, que, vu de Mercure ou des autres planètes, le ciel étoilé est absolument le même que vu de la Terre. N'apercevons-nous pas ici, presque au Zénith, les sept étoiles de la Grande Ourse? là, sur notre gauche, ne sont-ce pas Orion et Rigel qui brillent non loin des Pléiades? sur notre droite, ne voyez-vous pas Arcturus, Véga, Procyon, Capella? Donc, nous ne pouvons guère nous en rapporter à la voûte étoilée pour nous assurer que nous sommes bien sur le sol mercurien.

Ossipoff accueillit ces paroles par un petit rire moqueur:

—Vous oubliez, dit-il, que pour la planète Mercure seule, Vénus peut briller avec un éclat aussi intense... si cela ne vous paraît pas probant... voici Mars, là-bas... ici, voici Jupiter, et enfin, voici la Terre; dites-moi quel est, dans l'immensité sidérale, le monde duquel on peut apercevoir, dans ces positions et avec ces dimensions, les différentes planètes que je viens de vous nommer?

Et il considérait l'ingénieur d'un air triomphant.

—Notez bien, répliqua Fricoulet, que je n'avais nullement besoin de ce que vous venez de me dire, pour me faire une opinion au sujet du monde sur lequel nous nous trouvons... seulement, je tenais à insister sur ce point que, en raison de l'éloignement prodigieux des étoiles, les perspectives ne changent pas et que...