Il arracha, à l'arbre le plus voisin, deux branches longues et flexibles auxquelles il fixa l'ample redingote du vieillard, comme une toile tendue sur un lit de sangle.

On y déposa la jeune fille, puis lui et Gontran mettant sur leurs épaules les brancards de cette litière improvisée, partirent au pas gymnastique, suivis de Fricoulet et d'Ossipoff.

Tous les vingt kilomètres, les porteurs se relayaient; tous les quarante kilomètres, on s'arrêtait dix minutes pour se reposer.

Quand l'aurore apparut, les voyageurs étaient réunis dans la sphère, autour de Séléna qui, sortie de sa torpeur, grâce aux soins intelligents de Fricoulet, leur souriait doucement.

Des quatre voyageurs, Farenheit était certainement celui qui manifestait la plus grande joie de voir la jeune fille revenue à elle.

—Comme vous êtes bon, sir Jonathan, dit Séléna en lui tendant la main, et comme cela paraît vous faire plaisir de me revoir.

—Dame! répliqua l'Américain, je songe que vous allez pouvoir me donner des nouvelles de ce misérable.

—Moi! répliqua-t-elle d'un air étonné, je ne puis rien vous dire de lui, sinon qu'il est parti voilà bientôt quatre jours.

—Parti! s'écrièrent ensemble Ossipoff et ses compagnons, mais parti pour quelle destination?