Brusquement, Farenheit détendit ses bras auxquels Gontran se suspendait et la secousse fut si violente, si inattendue, que le pauvre jeune homme s'en alla rouler, les quatre fers en l'air, à une cinquantaine de mètres.
Puis, jetant sa carabine sur son épaule, l'Américain tourna les talons et partit à grandes enjambées; en quelques secondes, il eut disparu.
Gontran revint, furieux et proférant des menaces de mort:
—Où est-il? gronda-t-il, où est-il?
Personne ne lui répondit: Ossipoff, assis sur le sol, était plongé déjà dans une série de calculs gigantesques, accompagnés de dessins bizarres.
Séléna, le visage caché dans les mains, pleurait à chaudes larmes, en poussant de petits gémissements plaintifs.
Gontran tournait autour de la sphère, comme un cheval de manège, grinçant des dents et dressant vers le ciel ses poings menaçants.
Tout à coup, le hasard de sa course l'ayant amené devant la jeune fille, il s'arrêta net et, d'une voix amère, presque insolente, il demanda:
—En vérité, mademoiselle, je vous serais bien reconnaissant si vous vouliez me dire la cause de ce désespoir... pourquoi ces pleurs? sans doute, parce que la nature s'est plu à noircir mon teint...