Toute la journée je demeure immobile, les yeux rivés à la lunette; l'astre du jour s'éloigne dans l'infini, son diamètre décroît, en même temps, le thermomètre baisse... baisse...

Si près de toucher au but... et puis, plus rien! c'est épouvantable! j'ai peur de devenir fou de rage!

Cette constatation de mon impuissance me retombe sur le crâne comme une masse de plomb.

Je me couche et je m'endors.

Dimanche, 12 avril.—Voici deux jours que je n'ai pas eu le courage de tracer une ligne.

Idiotisé, je suis demeuré étendu sur mon hamac, insouciant du sort qui m'attend, ne pensant qu'à une chose: à ce réveil qui me désespère.

Oh! approcher de la fournaise, y tomber même et être dévoré par les océans de feu!... mais auparavant, voir, contempler, avoir, ne fût-ce que pendant quelques secondes, conscience des secrets de cette merveille!

Mais non, le rêve est terminé... l'infini m'a tenté et l'infini m'absorbe... pour l'éternité, je vais rouler ainsi, masse inerte et sans cause, à travers les espaces étoilés.

Puisse Dieu avoir pitié de moi et me faire mourir vite!...

Mardi, 14 avril.—C'est la fin... la chute se précipite... et de nouveau, la vision de Séléna me hante.