Pour la troisième fois, il prit au bout de son couteau un peu de la précieuse substance et, revenant vers Ossipoff, la lui introduisit dans la bouche, non sans avoir eu beaucoup de peine à lui desserrer les dents.
Pendant ce temps, M. de Flammermont, silencieux et immobile à la même place, semblait étudier les effets produits sur son organisme par l'absorption de ce bizarre aliment.
—C'est singulier, murmura-t-il enfin, le vide de ma tête paraît se remplir, mes idées semblent plus nettes, les tiraillements de mon estomac disparaissent... c'est fort singulier.
Puis s'adressant à Fricoulet:
—Est-ce que tu ressens la même chose?
—Moi! je me trouve en ce moment dans le même état que si je sortais de table après un repas plantureux.
—En effet!... mais ce va être bien monotone que de se nourrir de réglisse, fit Gontran d'un ton piteux.
—Allons donc! exclama l'ingénieur; es-tu donc de ceux qui vivent pour manger!... moi, je mange pour vivre...
Peu à peu, Ossipoff avait ouvert les yeux et insensiblement ses joues pâles s'étaient colorées.
Il parut tout d'abord très surpris de se trouver ainsi couché.