—Vous voyez tout de suite les conséquences, n'est-ce pas; l'intensité de la pesanteur à la surface d'un monde étant proportionnelle à sa masse et à sa densité, comme Proctor prend la Lune pour terme de comparaison, en ce qui concerne le volume de Phobos, il ne nous est pas interdit de l'imiter pour la masse et pour la densité... il s'ensuit donc que l'intensité de la pesanteur est ici cent fois plus faible qu'à la surface de la Lune, ou six cents fois plus faible qu'à la surface de la Terre... avez-vous saisi?

Gontran inclina affirmativement la tête à plusieurs reprises.

—Voilà pourquoi, dit Ossipoff en terminant, sir Jonathan, dont le poids terrestre est de 74 kilos, ne pèse plus ici que 115 grammes, ce qui lui a permis de s'élever, ainsi qu'il vient de le faire, d'un simple appel du pied...

Sans doute, le vieillard, prenant ce fait pour point de départ, allait-il se lancer dans une de ces dissertations philosophico-astronomiques dont il était coutumier, lorsqu'une main, se posant sur son épaule, le fit se retourner.

Il se trouva nez à nez avec Farenheit qui, se mettant aussitôt en communication avec lui, demanda d'un ton bougon:

—Et maintenant, qu'allons-nous faire?

—Continuer notre exploration; nous ne pouvons songer à abandonner Phobos avant d'avoir fait tout ce qui est en notre pouvoir pour retrouver M. Fricoulet,... ne pensez-vous pas comme moi, sir Jonathan?

—Pouvez-vous me poser une semblable question? répliqua l'Américain; non seulement l'humanité nous fait un devoir de cette recherche, mais encore notre intérêt propre.

Se méprenant au sens de ces paroles, Ossipoff haussa les épaules, et, d'un ton méprisant, répondit: