—Rien de bien effrayant, Mademoiselle, répondit l'ingénieur.
—Mais encore?
—Je vous ai dit, n'est-ce pas, de quel prix inestimable était le temps aux yeux des Martiens; vous ne serez donc pas étonnée d'apprendre que tous leurs efforts tendent à raccourcir les distances, c'est-à-dire à parcourir lesdites distances le plus rapidement possible.
—Et leurs ailes, objecta Farenheit, ne s'en servent-ils donc pas?
—Parfaitement si; mais leurs forces musculaires n'étant relativement pas plus considérables que les nôtres, ils ne peuvent pas plus accomplir, en volant, de longs trajets, que nous ne le pouvons, nous, Terriens, en marchant,... ils ont donc été obligés d'inventer des systèmes de locomotion... et c'est un de ceux-là qui va nous transporter à la Ville-Lumière.
—Tout cela ne nous explique pas,... dit Séléna.
—Écoutez, riposta Fricoulet; vous connaissez le système des tubes pneumatiques qui transportent, dans un réseau de tubes souterrains, des dépêches que renferment des wagonnets ressemblant à des balles de fusil; ce que vous voyez là est un système de locomotion basé sur le même principe...
Le visage un peu soucieux de Mlle Séléna se rasséréna comme par enchantement et, sans attendre davantage, elle s'élança d'un bond sur la plate-forme de la nacelle et disparut dans la cabine intérieure.
Deux minutes ne s'étaient pas écoulées depuis que Fricoulet qui fermait la marche avait rejoint ses compagnons, lorsqu'un bruit sourd retentit au dehors.