—Et à cela, répondit l'ingénieur en souriant, il y a une explication fort simple; c'est, d'abord, que le véhicule n'a pas de roues, et ensuite que ses parois n'ont aucun point de contact avec celles du tube dans lequel il circule.

—C'est un conte à la mère l'Oie que tu nous fais là! s'écria malgré lui M. de Flammermont; tu veux nous faire accroire que notre wagon est suspendu au milieu du tube, sans le toucher en aucun point!

—Je ne veux pas te le faire accroire,... je te l'affirme.

—Et le vent! ajouta M. de Flammermont, que fais-tu du vent?... s'il en était ainsi que tu le dis, l'air comprimé qui pousse le wagon passerait par le vide et il y aurait une déperdition considérable de force.

L'ingénieur haussa les épaules et répliqua:

—Ton argument, dit-il, n'a pas le sens commun; quoiqu'il en soit, dès que j'aurai une minute devant moi, je le rétorquerai,... pour le moment, il s'agit de débarquer.

En disant ces mots, il s'avançait au-dessous de l'ouverture percée dans le plafond de la cabine et, d'un léger appel du pied, il s'élançait au dehors.

En ce moment, le Soleil paraissait à l'horizon et ses flèches d'or crevant le manteau sombre de la nuit, faisaient étinceler, aux yeux des Terriens émerveillés, une immensité liquide dont une brise légère ridait la surface.

—Le lac du Soleil! s'écria Mickhaïl Ossipoff d'une voix vibrante.