—Allons, allons, déclara Fricoulet, je vais vous mettre d'accord; moi aussi j'ai vu un appareil à peu près semblable à celui-ci, mais il n'était dû ni au génie inventif de Ponton d'Amécourt, ni à celui de Philips; l'inventeur était l'Italien Forlanini.

Ce disant, l'ingénieur ploya légèrement les jarrets et s'enleva d'un bond jusqu'à l'appareil, où il prit place.

—Charmant pays! s'écria-t-il en se penchant sur son siège... enfoncés les escaliers et les échelles!

Gontran et Ossipoff le rejoignirent aussitôt et furent bientôt suivis par Séléna, à laquelle le Martien avait galamment offert la main et qui, sans aucun effort, avait été transportée jusqu'à son siège, par son guide, les ailes déployées.

Restait Farenheit qui, les pieds rivés au sol, considérait d'un œil méfiant cet étrange véhicule.

—Eh bien! lui cria M. de Flammermont, vous ne montez pas?

—Ces perchoirs sont tout au plus bons pour des singes ou des perroquets, riposta l'Américain.

Le jeune comte fronça les sourcils.

—Dites donc, sir Jonathan, gronda-t-il,... il me semble que vous n'êtes guère poli... en outre, pensez-vous que les États-Unis seront plus déshonorés en votre personne que la France et la Russie ne le sont en la nôtre?

—Au surplus, ajouta Fricoulet, chacun de nous est libre de choisir le moyen de locomotion qui lui convient... nous avons choisi l'air... vous préférez le plancher des vaches; libre à vous... seulement, je vous conseille de jouer des jambes si vous voulez arriver en même temps que nous à la Ville-Lumière...