Déjà, le soleil pénétrait de toutes parts dans la salle immense que Farenheit remplissait, à lui seul, du bruit formidable de ses ronflements.
Sitôt l'œil ouvert, l'ingénieur pensa à se rendre compte du pays dans lequel il se trouvait, aussi courut-il à l'une des ouvertures par lesquelles il avait vu, la veille, s'envoler la foule des Martiens.
Il poussa un cri de surprise qui réveilla ses compagnons et les fit accourir auprès de lui.
—Mais, c'est Venise! s'exclama Séléna.
Les rues, en effet, au lieu d'être faites du sol même, étaient liquides, et les maisons se reflétaient dans l'eau.
—Comment font-ils pour marcher? demanda Farenheit.
—Comme on fait à Venise, parbleu! riposta Gontran... on va en bateau.
—Peine inutile... leurs ailes suffisent.
—C'est vrai... j'oublie toujours que ces gens-là ont la propriété de voler. Mais cela doit singulièrement modifier leur architecture.
—Pas besoin d'escaliers, en effet.