—Il arrive que la tension électrique du sol et des nuages est à son maximum et qu'avant quelques minutes le choc en retour va se produire.

—Et alors?

—Alors, la violence du choc sera telle que, sur une superficie de plusieurs kilomètres carrés, tout sera anéanti.

—Sais-tu que cette perspective manque de gaieté... mais, es-tu bien sûr de ne pas te tromper?

—Écoute et juge: ce nuage, formé par nos ennemis, recèle encore dans ses flancs une grande quantité d'électricité; de son côté le sol, électrisé par influence, contient, lui aussi, une énorme quantité de fluide dont nous sommes nous-mêmes saturés jusque dans la plus infime partie de notre être... or, ces deux électricités, celle du nuage et celle du sol, tendent à se reconstituer; si cette recombinaison se produit, le nuage se déchargera d'un seul coup de tout son fluide et se condensera en eau, tandis que le sol reviendra instantanément à l'état neutre.

—En ce cas, nous n'avons à craindre qu'une forte ondée, mais, bast! nous en avons vu bien d'autres.

—Tu ignores que ce passage brusque de l'état électrique à l'état neutre équivaut à un coup de tonnerre et, que nous nous trouvions ou non sur le trajet de l'étincelle, c'en est fait de nous, car nous ne supporterons pas la secousse.

Le visage de Gontran exprimait une inquiétude réelle.

—Vois-tu, dit-il, nous aurions mieux fait de nous mettre simplement en ballon comme Séléna et Farenheit.

—Inutiles regrets, riposta Fricoulet.