—Attends-moi! cria-t-il en courant à lui.
Mais il était trop tard; déjà l'hélice était mise en mouvement et l'appareil s'élevait verticalement, droit sur le nuage orageux, déroulant derrière lui un long câble métallique qui servait à le rattacher au sol.
La lutte en ce moment atteignait son période aigu et un silence relatif planait sur le champ de bataille; les ronflements sourds des canons des Équatoriaux se faisaient seuls entendre, la voix de la foudre s'était tue dans l'atmosphère soudainement calmée.
Les adversaires se laissaient balayer par l'ouragan, impassibles, sans riposter, les yeux fixés sur la nuée qui devait, selon leurs prévisions, anéantir les Équatoriaux.
Tout à coup, de l'autre côté du canal, un cri de rage formidable s'éleva; l'ennemi venait d'apercevoir l'hélicoptère de Gontran et le projet de l'audacieux Terrien lui était apparu clairement.
Aussitôt ce fut, par tout l'espace, un tourbillon d'êtres ailés qui se précipitèrent vers M. de Flammermont.
Mais celui-ci, prévoyant leur dessein, actionna le moteur et, au moment où il allait être atteint, l'appareil pénétra comme une flèche dans le nuage et disparut à la vue de ses ennemis.
Aussitôt une longue traînée de feu courut le long du câble jusqu'au sol qui se trouva déchargé de son surplus dangereux d'électricité, pendant que le terrible engin nuageux s'en allait en noires effilochures emportées par le souffle du vent.