Aotahâ qui, de loin, avait assisté à ce surprenant événement accourut vers eux à tire d'ailes et échangea rapidement quelques paroles avec l'ingénieur.

Aussitôt celui-ci tira de sa poche son carnet et, avec un sang-froid merveilleux, aligna quelques chiffres sur une page blanche.

Ensuite, frappant doucement sur le bras de Gontran.

—Pourquoi te désoler ainsi? dit-il; rien n'est perdu encore, sir Jonathan n'est pas un imbécile, en plus, c'est un homme calme et courageux, quant à Séléna, tu sais bien que ce n'est point l'énergie qui lui manque.

M. de Flammermont secoua la tête.

—Oui... oui, balbutia-t-il, je sais tout cela,... mais que peuvent-ils contre une tempête?... la maîtriser, peut-être?

—Non pas,... mais après tout, si mes calculs sont exacts, cette tempête ne marche pas à plus de deux cents kilomètres à la minute et j'estime que, après avoir dévoré sept ou huit cents kilomètres, elle doit s'arrêter d'elle-même.

—Eh bien?

—Eh bien! nous n'avons qu'à marcher dans cette direction jusqu'au huit centième kilomètre; et il y a beaucoup de chances pour que nous les retrouvions.

—Beaucoup de chances—seulement, grommela M. de Flammermont avec accablement.