L'ÎLE NEIGEUSE
otahâ voletant, les Terriens bondissant, la petite troupe arriva, en moins d'une heure, au but de sa course.
Sur le bord d'un océan que Mickhaïl Ossipoff déclara être le cul-de-sac que forme, au centre même de la Lybie, l'extrémité de la mer du Sablier, une ville étrange se dressait.
C'était un enchevêtrement gracieux de tours ne mesurant pas moins de cent mètres de haut; des clochetons originalement découpés les terminaient, surmontés eux-mêmes de pointes métalliques fort élevées dont l'extrémité semblait se perdre dans les nuages.
Ce qui paraissait former le corps même de l'habitation, était percé de nombreuses baies au travers desquelles circulait toute la population ailée, comme fait un essaim d'abeilles bourdonnant autour de sa ruche.
Une animation extraordinaire semblait régner par la ville que les Terriens traversaient rapidement à la suite de leur guide; cette animation était même si grande que c'est à peine si les voyageurs excitaient la curiosité de ceux qu'ils rencontraient.
—La nouvelle de la victoire les met probablement sans dessus dessous, murmura Gontran qui, en dépit de son inquiétude au sujet de Séléna, n'avait pas, comme on dit, assez d'yeux pour regarder autour de lui.
—Sans doute, répliqua Fricoulet, va-t-on chanter un Te Deum dans une cathédrale quelconque.