Au mot de «savants» Mickhaïl Ossipoff avait dressé l'oreille.

—Dites donc, fit-il en tirant Fricoulet par la manche, n'y aurait-il pas moyen d'assister à cette délibération?

En ce moment on était arrivé, en dépit de la foule qui se pressait compacte sur la place, au pied du monument qui semblait être le but des efforts d'Aotahâ.

L'ingénieur communiqua au Martien la demande du vieillard.

Sans répondre, Aotahâ saisit Fricoulet par les cheveux qu'il avait fort longs et, ainsi chargé, s'éleva verticalement, d'un coup d'ailes, jusqu'au sommet de l'édifice qu'entourait une sorte de plate-forme circulaire sur laquelle il déposa l'ingénieur tout ébahi. Il fit de même pour Gontran et Ossipoff; et, en moins de cinq minutes, les trois Terriens se trouvèrent réunis dans une salle où une trentaine de Martiens, les yeux rivés à des instruments d'optique, sondaient l'espace.

Tout à coup, à l'horizon, un point noir parut, qui grossit rapidement et prit bientôt la forme d'un être ailé qui vint s'abattre au milieu d'eux.

—L'atmosphère tout entière de Mars est ébranlée, déclara-t-il; les condensations atmosphériques causées par la bataille dans les plaines Lybiennes produisent partout des perturbations considérables.

Comme il achevait ces mots, un Martien apparut venant d'une autre direction.

—Les glaces du pôle austral fondent et se dispersent, déclara ce nouveau messager...