—Eh! Séléna se retrouvera, j'en ai la persuasion; tandis que l'occasion d'étudier les perturbations martiennes et leurs causes ne se retrouvera pas, elle.

Sur ces mots, ne pouvant résister à l'ardente curiosité qui le dévorait, il sortit sur la plate-forme qui couronnait l'édifice.

Le grondement qui avait attiré son attention quelques instants auparavant, avait augmenté d'intensité et remplissait maintenant l'espace tout entier; sans les voir, on devinait là-bas, tout là-bas, derrière l'horizon, chevauchant comme un immense troupeau de buffles en furie, les vagues immenses, formidables, terrifiantes, qui s'avançaient, détruisant tout sur leur passage.

Tout à coup, l'épais écran de nuée qui masquait le paysage se déchira et, à travers les torrents d'eau qui zébraient la plaine éthérée, le vieillard aperçut au loin, indistincte encore, mais grandissant rapidement, une ligne blanchâtre qui rayait l'horizon dans toute sa largeur.

Bientôt cette ligne grossit, grossit, prit une forme, et les vagues écumeuses apparurent, courant avec la rapidité de la foudre, bondissant sous la rude lanière du vent.

—La mer!... la mer!... cria-t-il, en étendant les bras dans un geste d'admiration terrifiée.

Et, cramponné à la plate-forme, risquant à tout instant d'être arraché et emporté par le souffle furieux du cyclone, il attendit le terrible élément.

Au dedans, les Martiens discutaient entre eux, calmes, impassibles; on eut dit que le fléau épouvantable n'allait pas s'abattre sur eux, et, cependant, le hurlement des vagues était terrifiant, et sous le souffle puissant de la tempête, le monument vibrait de la base au faîte.