—Mais nous sommes perdus, s'écria le jeune comte.
L'ingénieur haussa les épaules.
—Pourquoi cela,... cette tour peut très bien faire l'office d'un transatlantique et nous mener à bon port.
—À bon port!... où cela?
—Où il plaira à la tempête de nous pousser!...
Toute la nuit et toute la journée du lendemain, la situation resta la même.
La ville tout entière était emportée par le cyclone vers le Sud-Est; à la place où, deux jours auparavant, s'étendaient les régions cultivées de la Lybie, un océan boueux étendait maintenant ses eaux tumultueuses, à perte de vue.
Au dire de Fricoulet, une surface de quatre cent mille kilomètres carrés—les dimensions de l'Europe tout entière—se trouvait submergée.
Aotahâ déclara que l'océan Newton devait se trouver à sec et que la mer Flammarion avait certainement diminué de profondeur.
Pendant que Fricoulet se demandait comment se terminerait cette odyssée étrange, pendant que Gontran songeait à Séléna, Mickhaïl Ossipoff continuait ses études sur le monde inconnu à la surface duquel il naviguait d'une si bizarre façon.