Fricoulet le saisit fortement par le bras et tous deux s'élancèrent.
M. de Flammermont, cependant, nageait avec vigueur; à peine si son corps était immergé et, à proprement parler, il glissait sur la surface des eaux avec une rapidité inconcevable.
Tout autour de lui, emportés par un courant que créait un vent assez rude soufflant du nord, passaient des débris de toutes sortes, plantes détachées, arbres brisés, cadavres de Martiens, et jusqu'à des glaçons énormes arrachés sans doute aux banquises polaires.
Vingt fois, le nageur avait failli être écrasé par ces masses roulantes et tournoyantes desquelles il ne se garait qu'à grand'peine car elles arrivaient sur lui avec une force et une vitesse prodigieuses.
Enfin, il poussa un cri de triomphe et de joie; ses pieds venaient de rencontrer le sol et, à cent mètres à peine, sur le rivage, Farenheit et Séléna se tenaient debout, immobiles et angoissés, sondant l'immensité liquide qui les entourait, se demandant si là, sous leurs yeux, n'allaient point passer les cadavres de leurs amis.
—Séléna!... Séléna!... appela Gontran d'une voix que l'émotion et le bonheur étouffaient.
—Mon Dieu!... mon Dieu!... fit la jeune fille; mais c'est la voix de M. de Flammermont!
—By God! grommela l'Américain, je crois que vous avez raison.