—Vous avez raison, répliqua Fricoulet, je me sens déjà glacé jusqu'aux moelles.

Puis, avec autant de facilité que s'il n'eût pas plus pesé qu'une plume, l'ingénieur enleva Ossipoff et le jeta sur ses épaules; ensuite il courut à Gontran, le prit par le bras et l'entraîna vers la grande salle mise à leur disposition par le directeur de l'observatoire de Maoulideck.

Il avait fait à peine quelques pas que soudain il s'arrêta.

—Et Farenheit! exclama-t-il.

Tout préoccupé de l'état d'Ossipoff et de la douleur de Gontran, Fricoulet avait totalement oublié l'Américain, dont le souvenir lui était, à l'instant, revenu brusquement.

—Je ne puis pourtant pas abandonner ainsi ce malheureux, dit-il.

Et, en dépit des observations de Telingâ, il revint à grandes enjambées vers l'endroit où était tombé sir Jonathan.

Atteint en pleine poitrine par les éclats meurtriers de la cartouche de Sharp, l'Américain gisait sur le sol, les membres raides, la face rigide et convulsée par la rage, les yeux vitreux et le poing encore crispé sur la crosse de son revolver, dans l'attitude où la mort l'avait saisi.

—Mais il vit! s'écria Fricoulet, trompé par cette apparence de mouvement.