—Mais alors, c'est de l'électricité solidifiée.

—En quelque sorte;... ce qui nous permet de disposer, sous un fort petit volume, d'une formidable quantité de fluide... du reste, si vous voulez me suivre, vous allez vous rendre compte, par vos yeux, du fonctionnement de l'appareil.

—Vous suivre! ricana l'Américain... c'est fort joli à dire,... mais la porte se trouve au plafond et, pour y atteindre...

—Pour y atteindre, riposta Fricoulet, vous n'avez qu'à m'imiter...

Ce disant, il plia légèrement sur les jarrets et, sans effort apparent, s'éleva jusqu'à la porte qu'il ouvrit et par laquelle il disparut.

—Toujours l'effet de la pesanteur qui diminue à mesure qu'on s'éloigne du centre d'attraction, cria-t-il en passant sa tête par l'ouverture et en riant à la vue de la mine stupéfaite de l'Américain.

Celui-ci, revenu de sa surprise, imita l'ingénieur et, au bout de quelques minutes, tous les deux se trouvaient dans un compartiment spécial de l'Éclair, arrêtés devant une rangée de tubes établis dans un coffre et que l'ingénieur déclara être remplis d'électricité.

À la sortie du coffre, tous les courants produits étaient mesurés et régularisés pour, de là, être dirigés, par des conducteurs ordinaires, vers un moteur actionnant, au moyen d'une transmission de leviers, l'axe de l'hélice.

Ce moteur, réduit à la dernière puissance, comme volume et simplicité, était, en même temps, un transformateur, car il multipliait la puissance de l'électricité, à la manière d'une bobine d'induction de Rhumkorff, tout en utilisant cette électricité par l'attraction que des aimants artificiels d'une grande force—des électro-aimants, pour être juste—exerçaient sur des pièces disposées à cet effet.