—C'est ma foi vrai! s'exclama-t-il,... ce diable de moteur m'a fait perdre la tête... mais oui, il y a les satellites.
Gontran se croisa les bras avec une indignation comique.
—Comment, s'écria-t-il, Jupiter a des satellites et tu ne le disais pas! après tout, sans doute, sont-ils tellement minuscules qu'on peut les considérer comme négligeables.
L'ingénieur leva les bras au plafond.
—Négligeables!... des mondes qui ont des diamètres de 3,800, 3,400, 5,800, 4,400 kilomètres... peste! mais que te faut-il donc à toi?... songe que le plus gros égale le double de Mercure, une véritable planète... Ah bien! si Ossipoff t'entendait parler de la sorte... En vérité, l'ignorance est une belle chose!
—Voyons... voyons, dit Gontran impatienté, au lieu de m'objurguer ainsi, tu ferais mieux de me donner quelques détails sur ces mondes intéressants... et, d'abord, comment se nomment-ils? importants tels que tu les présentes, ils n'ont pas été en peine de trouver des parrains pour les tenir sur les fonts baptismaux...
—Nous avons d'abord Io, à 107,500 lieues du centre de la planète; ensuite Europe à 470,700, puis Ganymède à 270,000 et enfin Callisto à 478,500; maintenant tu connaîtras leur état civil en son entier, quand tu sauras que ces satellites tournent respectivement autour de leur planète en un jour et dix-huit heures terrestres, trois jours et treize heures, sept jours et trois heures, seize jours et seize heures; enfin leur densité et la pesanteur à leur surface sont à peu près semblables à ce qui existe sur Mars; on sait encore que ces satellites paraissent animés d'un mouvement de rotation sur leur axe, en sorte qu'ils ne présentent pas toujours la même face à la planète, comme font les satellites de la Terre et de Mars... Quant à leur constitution physique et à leur géographie, on n'en connaît encore rien.
—Tant mieux! fit Gontran.