Quelques degrés encore et c'était la mort.

On sait qu'il est possible à l'organisme humain de résister à des températures qui paraissent excessives; le nombre est grand des personnes qui endurent impunément la chaleur d'un four ordinaire c'est-à-dire plus de 100 degrés, et la chronique a enregistré les hauts faits de plusieurs prétendus hommes incombustibles prenant place dans un four et y demeurant jusqu'à la cuisson complète de la viande placée à côté d'eux.

À ceux de nos lecteurs qui trouveraient surprenant que Ossipoff et ses compagnons eussent pu s'acclimater à la grande variété des températures rencontrées par eux, depuis la banlieue du Soleil jusqu'à près de deux cent mille lieues de cet astre, nous ferons remarquer que l'on a, sur Terre, de continuels exemples de cette élasticité de l'organisme.

Ainsi, en Afrique, les températures maxima observées, sont de 55° centigrades au-dessus de la glace; en Sibérie, le plus grand froid remarqué est de 60° au-dessous de zéro. C'est donc une différence de 115°, et cependant quantité d'individus se plient à ces énormes variations de climats et de température.

C'est ce qui explique comment, en dépit de la proximité de Jupiter, Ossipoff et ses compagnons ne devaient pas encore périr.

Cependant, la position devenait critique, et l'ingénieur prévoyait l'instant où l'intérieur de l'appareil serait à la température de l'eau bouillante... et même la dépasserait.

Tout à coup, rapide comme l'éclair, une pensée lui traversa l'esprit; il se précipita vers les leviers de la machine sur lesquels il pesa de toutes ses forces.

—Au diable! murmura-t-il en même temps, mourir ainsi ou autrement...