Nouveau silence de la part d'Ossipoff.
L'ingénieur lança à Gontran un regard qui signifiait:
—Nous le tenons!
Le jeune comte remercia d'un coup d'œil son ami, pour le fier coup de main qu'il venait de lui donner.
Le vieillard s'écria soudain, montrant aux deux jeunes gens son visage sillonné par les larmes qu'il avait versées, mais animé d'une volonté indomptable:
—Messieurs, vous pouvez avoir raison; aussi, je ne discute pas vos arguments,... mais je crois n'avoir pas tort. Ne me demandez pas sur quoi je base ma croyance, je ne saurais vous répondre,—il s'agit de pressentiments.
Et comme il voyait Gontran hausser légèrement les épaules, tandis qu'il surprenait sur les lèvres de Fricoulet un sourire railleur, il ajouta:
—Des pressentiments!... oui, moi, l'homme des sciences exactes, je crois aux pressentiments... Oh! vous pouvez vous moquer, vous pouvez me traiter de fou, rien n'ébranlera ma résolution; je suis décidé à pousser de l'avant, toujours et quand même.
Sur ces mots, il tourna les talons et quitta la machinerie, en fermant avec violence la porte derrière lui.