Tout confus, Gontran se dérobait aux remerciements chaleureux du vieillard.

Celui-ci, enthousiasmé, s'écria:

—Ne trouvez-vous pas que ce serait un crime que de passer ainsi à portée de ce monde merveilleux et de n'y point aborder?

Gontran jeta à Fricoulet un regard qui voulait dire:

«Eh! eh! ma bévue n'est déjà pas si blâmable, puisqu'elle a pour résultat de faire changer d'avis ce vieil entêté.»

Mais, comprenant que pour mieux engager le vieux savant dans cette voie, le mieux était de lui faire un peu d'opposition, le jeune homme répliqua:

—Certes, mon cher monsieur Ossipoff, ce serait mon plus ardent désir; mais comment ferions-nous pour gagner le sol saturnien, entre les anneaux et la planète?...

—Il existe une atmosphère dans laquelle nous pourrons naviguer à notre fantaisie, répondit triomphalement le vieillard; ainsi donc rien ne s'oppose à ce que nous mettions un si beau projet à exécution.

—Rien, en effet, répondit Fricoulet, rien, excepté votre propre parole...