Le vieillard hocha la tête.

—C'est douteux, murmura-t-il.

—Parce que?...

—Parce qu'il ne me paraît pas qu'une planète puisse exister au point de l'espace où nous nous trouvons, à une si grande proximité de Saturne.

Ossipoff regardait M. de Flammermont.

Celui-ci crut bien faire en paraissant ne pas partager l'opinion du vieux savant, sans doute pour lui faire supposer qu'il en avait une personnelle.

Il allongea les lèvres dans une moue dubitative.

—Peuh! fit-il laconiquement.

—Vous en penserez ce que vous voudrez, répondit le vieillard d'un ton un peu sec, comme toutes les fois qu'il rencontrait une contradiction; quant à moi, je persiste à croire que Saturne eût empêché la formation d'un semblable monde; en outre, en admettant même qu'il ne s'y fût pas opposé, il y a longtemps que les astronomes connaîtraient cette planète.

—En ce cas, que supposez-vous?