Gontran se tourna vers Ossipoff dont le visage avait repris sa placidité accoutumée:
—Vous avez entendu, monsieur? demanda-t-il.
—M. Fricoulet a parfaitement raison, répondit le vieillard; mais il oublie que nous avons un moyen bien simple d'éviter la mort.
—Et ce moyen, dit le comte, c'est?...
—C'est de ne pas aller au devant d'elle; répondit l'ingénieur, nous n'avons qu'à stopper et à laisser passer devant nous ce train express dont la rencontre ne laisserait pas que de nous endommager radicalement!
—On peut encore forcer d'électricité et devancer l'astéroïde, suggéra Ossipoff.
—Ce serait dangereux; les accumulateurs débitent le maximum d'électricité, et nous ne pouvons aller plus vite, déclara l'ingénieur. Le propulseur est lancé à toute vitesse, nous franchissons 80 kilomètres par seconde, soit la largeur de l'Atlantique en une minute, 72,000 lieues à l'heure.
—En ce cas, s'écria Gontran, nous n'avons qu'à faire ce que tu disais tout à l'heure,... c'est-à-dire à stopper.
Ossipoff murmura d'un air résigné:
—Stoppons, quoique, cependant, cela m'eût fait un sensible plaisir de m'approcher de ce bolide le plus près possible.