—Gontran!... monsieur Fricoulet, cria Mlle Ossipoff, restée seule dans la pièce du haut,... hâtez-vous!... hâtez-vous!... le bolide se précipite sur nous!...
Et, véritablement affolée, elle cria d'une voix étranglée:
—Au secours!... au secours!...
Il est, dans la vie, certains moments critiques, où la parole est inutile pour communiquer la pensée, un regard suffit.
Ce regard, Fricoulet le jeta sur Gontran et sur Ossipoff; puis, il se précipita sur l'Américain.
Celui-ci l'attendait et, tandis que sa main gauche empoignait l'ingénieur par le collet de son vêtement, le poing droit se levait et terrible comme un maillet, s'abattait. Mais Fricoulet, entre autres qualités physiques, possédait une étonnante souplesse; d'un mouvement du torse, il évitait le coup qui allait lui fracasser le crâne et aussitôt, avant que le poing se fût relevé, il s'y cramponnait des deux mains.
À ce moment, Ossipoff arriva à la rescousse et se suspendit au bras gauche, pendant que Gontran, passant lestement derrière l'Américain, lui jetait au cou sa ceinture de cuir et lui faisait le «coup du père François» si connu des voleurs à la tire; c'est-à-dire qu'il se suspendait de tout son poids au licol improvisé.
L'effet fut instantané, un flot de sang empourpra le visage de Farenheit, les yeux semblèrent sortir de l'orbite, la bouche se tordit, écumante.
D'un effort surhumain, il envoya rouler, à l'autre bout de la pièce, Ossipoff et Fricoulet; mais étranglé, à demi asphyxié, il dressa ses bras au-dessus de sa tête, battit l'air désespérément, comme cherchant quelque point d'appui auquel se raccrocher, puis ses genoux se dérobant sous lui, il s'abattit en arrière, râlant.