Il s'interrompit, se toucha le front du doigt et murmura:

—Mais comment se fait-il que je n'aie pas suivi leur exemple?... un méchant génie m'aurait-il condamné à vivre éternellement ici, en compagnie de ces cadavres?... que je suis bête!... est-ce que ça existe, les génies?... non, il n'y a pas de miracles, il n'y a que les conséquences naturelles de faits...

Il s'interrompit, se traîna jusqu'à Ossipoff qui se trouvait être le plus près de lui, posa la main sur sa poitrine; le cœur du vieux savant battait d'une façon normale.

L'ingénieur examina successivement Gontran, Séléna, Farenheit.

Tous les trois semblaient, comme le vieillard, dormir d'un sommeil calme et paisible.

—Ça, c'est trop fort! s'exclama Fricoulet,... mais comment font-ils pour respirer?

Alors, seulement, il constata la singulière odeur qui régnait dans la machinerie.

—Ah! ah! fit-il, voilà qui est bizarre!

Il frotta une troisième allumette, la dernière, et inspecta minutieusement les parois de la cabine.

L'une de ces parois, celle de la soute où se trouvait emmagasiné le liquide nutritif emporté de la planète Mars, avait, dans sa partie supérieure, une large fissure qui faisait communiquer cette soute avec le réservoir d'air respirable.