Il laissa passer plusieurs jours—plusieurs jours des siens s'entend, qui, on se le rappelle, ne mesuraient que deux heures vingt-six minutes.
Ensuite, se sentant l'esprit plus calme et les yeux bien reposés, il recommença ses observations, mais sans plus de succès, hélas! que précédemment.
Toujours, dans le spectre uranien, les mêmes raies déconcertantes.
Cinq fois, dix fois, vingt fois, il recommença et toujours le même résultat.
De dépit, alors, il renonça à ses études spectroscopiques, et inscrivit sur son carnet que l'atmosphère d'Uranus contient des gaz qui n'existent pas sur notre planète.
Il était temps d'ailleurs qu'il passât à d'autres observations, s'il voulait remporter un travail à peu près complet concernant la planète.
Le fragment cométaire qui le portait poursuivait, à travers l'espace, sa course rapide, semblable à une pierre lancée par la fronde de quelque géant, et, de son côté, Uranus courait sur son orbite dans un sens opposé à celui du bolide; si bien que chaque jour le micromètre accusait une diminution sensible du diamètre de la planète et qu'avant peu celle-ci se serait perdue au fond des cieux.
À force de ténacité patiente et d'attention scrupuleuse, l'ex-secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences de Pétersbourg avait réussi à découvrir, sur le disque uranien, quelques petites taches.
Tout d'abord, il avait cru à des nuages flottant dans l'atmosphère, mais bientôt il put se convaincre que ce qu'il apercevait appartenait au sol même de la planète.