N'écoutant que son courage, M. de Flammermont sauta sur l'Américain, et avec l'aide de Fricoulet qui, d'un bond, s'était relevé, le maintint en respect.
Ils n'eurent, d'ailleurs, aucune peine à cela, Farenheit ne faisait pas un mouvement, leur abandonnant, sans résistance, ses deux poignets auxquels ils se cramponnaient.
—C'est cela que vous appelez être raisonnable! grommela Fricoulet.
—Je ne voulais pas vous faire de mal, répondit l'Américain d'un air tout confus.
—Au contraire, n'est-ce pas? riposta gouailleusement l'ingénieur.
—Je voulais vous embrasser.
Fricoulet eut un haut-le-corps de surprise, tandis que, s'adressant à Séléna, Gontran mettait son index sur son front pour montrer que, selon lui, le Yankee avait toujours la cervelle déséquilibrée.
D'un clignement d'yeux, Fricoulet recommanda la douceur au comte, qui s'apprêtait à réintégrer l'Américain dans son cabanon.
—Certainement, dit-il, je suis très touché de cette manifestation de tendresse, mon cher sir Jonathan; mais pour quelle raison vouliez-vous m'embrasser?
—Parce que vous êtes un grand homme...