—Laquelle? demanda-t-il sèchement.

—En prenant pour base de ses calculs la distance 36 de la loi de Titius, Leverrier s'était trompé; ce qui lui fit assigner à la planète un emplacement qui n'est pas le sien; Galle le constata à ses dépens, car après avoir cherché durant un mois Neptune par le 326e degré de longitude, il l'aperçut par le 327e ce qui la mettait, en réalité, à la distance de 30°.

—Peuh! fit Gontran en levant les épaules, c'est là une erreur de peu d'importance.

Les yeux d'Ossipoff s'arrondirent derrière les verres de ses lunettes.

—Mon cher Gontran, répliqua-t-il sur un ton un peu nerveux, je comprends que les aventures par lesquelles vous êtes passé vous aient, peu à peu, fait perdre la notion des temps et des distances; cependant, une différence de près de soixante ans dans la période d'une planète...

—Soixante ans!

—Assurément; les calculs de Leverrier, basés sur la distance 36, donnaient à Neptune un orbite tel qu'il lui fallait 217 ans terrestres pour le parcourir;... se trouvant à la distance 30, la planète ne met plus que 165 ans à effectuer sa révolution. Ce qui est encore une jolie période.

Farenheit, qui dormait étendu sur un divan, se souleva sur son coude.

—Neptune n'est pas une planète française, mais bien anglaise.