—Ne vous semble-t-il pas apercevoir une masse sombre qui se meut dans le sillage de ce point lumineux? demanda Gontran.
Fricoulet frappa joyeusement ses mains l'une contre l'autre.
—Bravo! s'écria-t-il,—cette étoile n'est autre chose que la lampe électrique d'un Martien.
—Puissiez-vous dire vrai, Monsieur Fricoulet, fit Séléna, à laquelle il tardait, comme à ses compagnons, de se reposer enfin d'aussi longues fatigues.
Comme elle achevait ces mots, un sifflement se fit entendre, assez semblable à un bruit d'ailes fendant l'espace et, presque aussitôt, un corps s'abattit près des voyageurs.
Ainsi que l'avait pronostiqué Fricoulet, c'était, en effet, un Martien qui dirigeait sur eux la lumière de la minuscule, mais éclatante lanterne fixée à son front.
Quand il les eut considérés attentivement, il poussa deux ou trois sons gutturaux.
L'ingénieur qui, on se le rappelle, avait servi jusqu'alors d'interprète à ses compagnons, s'avança vers l'indigène et échangea avec lui quelques monosyllables rapides.
Puis, le Martien reprit son vol et disparut, léger comme une flèche, dans la nuit.
Gontran poussa une exclamation désappointée.