—Ma parole d'honneur! s'écria l'ingénieur, il n'y a que les ignorants pour ne douter de rien.

—Et pour donner confiance aux savants, riposta Gontran.

—Mais, malheureux! dit Fricoulet, tu ne sais donc pas que cette armée d'astéroïdes dont nous avons aperçu hier l'avant-garde, va défiler devant Mars dans trois semaines.

—Raison de plus pour mettre les bouchées doubles, répliqua le jeune comte, et ne pas perdre de temps;... je te laisse à tes calculs.

Et, tournant les talons, il s'en fut rejoindre Séléna, à laquelle Farenheit voulait absolument arracher des détails sur le plan de son fiancé.

La jeune fille avait beau lui assurer qu'elle n'était au courant de rien, l'Américain n'en persistait pas moins à l'interwiever.

—Ah! ma chère âme, dit Gontran en pressant la main de sa fiancée, je crois que nous touchons enfin au bonheur.

—Serait-il possible! murmura-t-elle en fixant sur lui des regards noyés de tendresse.

—C'est comme je vous l'affirme, répondit-il, dans quinze jours nous partons d'ici?