Cependant, le cylindre refroidi avait été démoulé et tourné.

Alors, il fallut procéder à l'ajustage.

Plus de neuf jours avaient été employés à ces différents travaux; ce qui, avec trois jours consacrés à l'étude préparatoire de l'appareil, ne laissait plus que trois jours de répit avant l'arrivée, dans la région de Mars, de la grande armée d'astéroïdes avec laquelle devait coïncider le départ des Terriens.

Trois jours! et Fricoulet calculait qu'il faudrait au moins ce laps de temps rien que pour boulonner les planchers et les cloisons.

Mais cette méthode primitive n'était point celle en usage chez les Martiens, et la surprise du jeune ingénieur fut aussi grande que sa joie, lorsqu'il put se rendre compte du moyen expéditif employé par les habitants de la planète pour ajuster les pièces entre elles.

Aussitôt tournées, les pièces à rejoindre furent mises en contact, chauffées à blanc par un chalumeau voltaïque d'une puissance énorme et soudées, sans le secours d'aucune brasure; en moins de quelques heures, les différentes parties de l'appareil furent mises en place.

Plus de deux jours restaient pour l'installation du moteur électrique, et c'était largement suffisant.

Alors, on s'occupa de transporter l'appareil dans une des grandes sales de l'observatoire de la Ville-Lumière; c'est de là que les hardis voyageurs devaient s'élancer de nouveau à la conquête de l'espace, en présence de toutes les sommités scientifiques de la planète, convoquées à cette occasion.

D'un avis unanime, Ossipoff avait été laissé dans une ignorance absolue des projets de ses compagnons; on craignait de sa part une résistance basée sur ses observations astronomiques non terminées et que ce départ allait brusquement interrompre.