—Mais le moyen de les tenir?... vous l'avez dit vous-même tout à l'heure,... ce sont des millions et des millions de lieues qui nous séparent de Jupiter!... comment franchir une si effroyable distance?...

—Retournons sur la Terre, en ce cas, insinua Gontran.

Le vieux savant tressaillit et répliqua d'une voix nette:

—Pour cela, rien ne presse,... nous avons, pour y songer, tout le temps qu'il nous plaira.

Le jeune comte dissimula le sourire qui, malgré lui, venait plisser ses lèvres, et répondit:

—Je plaisantais, mon cher monsieur Ossipoff;... ma devise, vous le savez bien, depuis que j'ai entrepris ce grand voyage, est «en avant toujours en avant»,... eh bien! je viens vous dire aujourd'hui, fidèle à cette devise: «monsieur Ossipoff, ne nous immobilisons pas ici,... en avant!»

Le jeune homme avait prononcé ces mots d'une voix vibrante qui parut faire sur Ossipoff une profonde impression; ses lèvres s'agitèrent dans un tremblement nerveux, et ses regards s'attachèrent avec curiosité sur Gontran.

Celui-ci ajouta:

—Savez-vous quel jour marque le calendrier terrestre, monsieur Ossipoff?

Le vieillard secoua la tête négativement.