—Vous avez peut-être raison... Mais Gontran n'a rien à craindre; je suis assez forte à ce jeu-là, je me tiendrai derrière lui et je lui «soufflerai».
—Comme lorsque je récitais mes leçons, au lycée... Ce sera charmant. Il avait dit cela avec une aigreur assez peu dissimulée pour que Séléna la remarquât; attristée, elle murmura:
—Hélas!... Gontran... il est encore temps de vous dédire et de renoncer aux projets que nous avions formés.
Sans répondre directement, M. de Flammermont soupira:
—D'ici que nous atteignions la Terre—si nous devons jamais l'atteindre—nous avons largement le temps de défaire et de refaire nos projets.
Par la cage de l'escalier, la voix d'Ossipoff se fit entendre, toute émue:
—Gontran... Gontran... le voyez-vous?...
—Quoi?... de quoi parlez-vous? cria le jeune homme, sans bouger de place et avec un froncement de sourcils de mauvaise humeur.
—Eh! le Sac-à-charbon, parbleu!
Gontran regarda tour à tour Fricoulet et Séléna, d'un air effaré, balbutiant: