Il poussa un gros soupir.

—C'est stupide, tout de même, songea-t-il tout haut, quand il eut entendu se perdre dans l'escalier le bruit des pas de son ami. Moi, Alcide Fricoulet, amoureux!... et dans de semblables conditions... presque sans espoir... ou du moins si peu que ce n'est pas la peine d'en parler.

Il s'interrompit, hocha la tête et ajouta:

—Si peu... qu'en sais-je?... la patience de ce bon Gontran est peut-être arrivée à ses dernières limites et Ossipoff, d'ici la fin du voyage, a suffisamment le temps de le saturer et le sursaturer d'astronomie, pour le dégoûter tout à fait.

Il se mit à rire tout doucement, réconforté par cette perspective.

—Oui... cela se pourrait... et même, dans l'intérêt des uns comme des autres, ne serait-il pas à souhaiter qu'il en fût ainsi?... assurément, ce pauvre Gontran n'est pas plus fait pour être le gendre d'Ossipoff que je ne suis fait, moi, pour être diplomate... Séléna serait malheureuse... lui aussi... tandis que, s'il renonçait à ses projet... je doute qu'Ossipoff puisse jamais rencontrer un gendre qui fasse mieux que moi son affaire.

Et, secoué par une hilarité de plus en plus forte, il ajouta comiquement:

—Plaise aux dieux qu'Ossipoff l'écrase sous une pluie d'étoiles, de comètes, de nébuleuses telle qu'il ne s'en relève pas...

Il dit encore en haussant les épaules: