L'ingénieur eut un petit haussement d'épaules plein de pitié.
—Te lâcher! répéta-t-il, mais, si j'avais dû le faire, il y a longtemps que cela serait fait, mon pauvre ami.
Ayant dit, il retourna, toujours sans bruit, vers Ossipoff, reprit sa place derrière lui, se baissa et, après avoir cherché quelques instants, parvint à placer un rayon visuel dans l'axe du télescope.
Il eut un brusque tressaut et murmura:
—C'est bien cela.
Mais il demeura à sa place, subitement immobile, silencieux, l'œil dilaté, les lèvres pincées, le visage empreint d'une expression singulière, indéfinissable, conquis par le merveilleux et mystérieux spectacle qui s'offrait à lui, l'esprit saisi de vertige tandis que le traversaient les multiples considérations suggérées en lui par la contemplation de ce qui s'offrait à ses yeux.
Le jeune homme l'empoigna par le bras (p. 167).
C'était, envahissant l'horizon presque tout entier, comme un immense nuage, ou plutôt comme un amas gazeux, sans contours précis, qui paraissait se fondre avec l'infini même et qui, cependant, sans offrir de limites précises, en donnait la sensation.